Le cadeau des sans-papiers à la CGT : un mafé
Histoires d’hommes autour d’une cuisine généreuse. Dimanche, à midi, en plein air, des sans-papiers et un repas africain géant.
Le site Internet de la CGT invitait à un mafé géant dans le 13ème arrondissement. Cela fait maintenant deux semaines que quelque 600 travailleurs sans papiers se sont mis en grève pour obtenir leur régularisations. Nuit et jour, 26 d’entre eux (en grande majorité maliens), ouvriers du bâtiment, occupent le chantier de la rue de Xaintrailles. Rendez-vous était donc pris dans la rue de l’occupation. Sur place, il n’ y avait finalement pas de mafé, mais d’autres plats d’Afrique de l’ouest. “Tiep bou djen” : plat sénégalais de riz parfumé aux tomates, avec des légumes et du poisson. Mais aussi “Ghana” malien : du riz blanc avec une sauce aux gombos . « C’était plus dur et compliqué de faire un mafé », justifie Samba, à l’initiative du repas.
Moins compliqué, mais pas moins long… A quelques rues de là, au foyer des travailleurs de la rue Clisson, Aminata Balo s’active dans la chaleur des marmites depuis 6h00 du matin ! Majestueuse dans son grand boubou, elle assure rigolarde : « Non, moi, je ne suis pas fatiguée ». A l’âge de 10 ans, elle cuisinait déjà et rien ne semble l’effrayer. Pas même cette marmite de riz rouge géante qui trône près d’elle. Du riz pour plus de 100 personnes, de la compassion pour les “frères” pas encore régularisés.

Aminata a cuisiné le repas gigantesque dans la petite cuisine du foyer Clisson.
A midi les hommes sont venus chercher l’œuvre d’Aminata. Direction rue Xaintrailles. Sur place un stand pour poser les énormes bols et seaux remplis de riz, de légumes, de poissons et de sauces. Déjà quelques sympathisants du mouvement.
A l’origine du mafé (qui n’en est finalement pas un), une jolie rencontre : celle des “sans-pap” et des militants de la CGT. Les syndicalistes soutiennent et aident les grévistes depuis le début du mouvement. Alors, Samba et Mamadou ont voulu les remercier… Avec ce repas : « Ils ont fait des bonnes choses pour nous. On ne peut pas les payer, mais on peut les remercier avec un repas ».
Avec plus de deux cents mangeurs et une assiette de “thiep” ou de “ghana” à 3 €, le mouvement s’offre aussi une petite recette qui alimentera la caisse de solidarité. En regardant la queue pour leur repas, Samba sourit. Qu’on l’invite à se prendre une assiette, il rit et s’amuse : « Nous, on mange au bol, avec la main ».
A ses côtés Mamadou assure : « On va aller jusqu’au bout ! ». Il sourit, lâche un chiffre. 1600€, le montant de ses impôts chaque année. « On paye les impôts, on paye la sécu, mais ils ne nous donnent pas de papiers. On est pas des voleurs, on est venus travailler ! ».
Après “La peur au ventre”, rêves de ventres pleins
Dans le chantier aménagé pour les grévistes, Traoré s’est assis pour discuter. Cela fait maintenant 8 ans qu’il est en France. Calme et posé, il raconte son histoire. Celle de beaucoup d’autres. Il est arrivé en France pour travailler comme “bâtisseur”. Dans son métier, il est reconnu par son patron qui réalise actuellement toutes les démarches possibles pour obtenir sa régularisation. Traoré a bien essayé de faire des démarches, mais il a essuyé trois refus. Motif du rejet ? Son métier n’est pas ouvert aux non-Européens. Incompréhension : « C’est ouvert aux Français… Mais ils n’en veulent pas de ces métiers ! ». Le plus dur au quotidien ? L’élégance d’en rire, Traoré n’hésite pas une seule seconde : « La peur au ventre. Tu peux mourir d’un seul coup de peur. Tu mets ton pied dehors, tu as peur. Souvent on marche des kilomètres de peur de risquer de rencontrer un policier ! ».
Mais, Traoré n’oublie pas de rêver. Avoir des papiers, c’est aussi la possibilité de retourner au pays, de manger des “Saka Saka”, ces feuilles de manioc cuisinées avec des légumes… Et si une carte d’identité française atterrissait dans ses mains ? Traoré invite : « Je vais faire le méchoui ! Je finance tout et on fait la fête ». L’idée des papiers a fait tourner la tête de Mamadou. Il surenchérit :« Ah oui ! Moi aussi ! Je commande trois moutons et même j’invite Sarko ! ».
Si j’aurais su, j’aurais v’nu ! Je sors justement de chez un pote malien où j’ai mangé du thiep. J’adooore ! Bon courage à eux tous …
Toujours un plaisir de te lire Rere. A bientôt et vive les sushis !
Ça, ça met le dolo à la bouche et ça fait chaud au coeur. Ou frais. Selon sa couleur.
Mais manquerait plus que çà, d’inviter Sarkozizi, non mais !
vous pouvez venir c’est tout les dimanche
bon a petit bien sur on vous sauhaite votre courage et votre soutien a tout le sans papier en tant que moi meme sans papier sa fait mena 10 ANS merci tout ce que soutien,si les africain prepare un petit plat pour le plaisir ce normal,je dis courage a tout les sans papier ne baissons le bras et merci la C G T ET AUTRE SOUTIEN
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