Y a pas que l’assiette !

Le blog de ce qui se mange… Et de ceux qui le mangent…

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19 septembre 2007

L’Afghanistan

Kaboul, rue Saint Maur

Voici donc le miracle de Paris. Pressés, râleurs, peu familiers des règles de savoirs vivres dans le métro, « overbooked » selon leurs termes, les Parisiens l’oublient souvent : leur ville est cosmopolite ! Ici on démocratise le don d’ubiquité gratis. Un petit tour en Afrique dans Barbès ? Un petit tour en Chine dans le 13ème ? Et pourquoi pas l’Inde de la Gare du Nord ? Alors voilà : après avoir découvert les tortillas mexicaines, la feijoada brésilienne, les sushis japonais, le mafé malien, le tandoori indien, nous sommes partis sur les routes d’Afghanistan. Le paternel, grand explorateur de contrées exotiques et de saveurs inconnues de son état, nous avait prévenus : n’entre pas dans L’Afghanistan qui veut ! « Il vous faudra être vaillants moussaillons ! Que ceux qui ne supportent pas le feu des épices soient jetés à l’eau ». Après avoir laissé ma sœur en compagnie de chouettes requins à trois têtes, nous nous sommes laissés convaincre par l’éclat du sabre paternel. Et nous ne l’avons pas regretté… D’une porte banale, on entre dans L’Afghanistan, une île aux milles délices.

On y est accueilli par une serveuse très sympathique. Disposée à nous écouter poser des questions sur tout et n’importe quoi, elle nous apprend ainsi qu’on écoute le chanteur pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan. Ambiance feutrée, coussins sur banquettes, lumière douce et tamisée, photos du pays de Massoud : nous sommes maintenant disposés à goûter la cuisine afghane. Et comme on s’est souvent demandé pourquoi l’eau de mer était salée, il faudra ici percer un mystère.

Que mange-t-on en Afghanistan ?

afghan1.jpgOn est d’abord étonné de retrouver le naan indien, mais aussi des raviolis (presque) chinois… Mais, dixit des spécialistes de cette gastronomie, la cuisine afghane est un « subtil mélange des cuisines de ses voisins, la Chine, l’Inde et l’Iran, avec peut-être quelques traces de la cuisine méditerranéenne importée par les armées d’Alexandre ». Cette vérité connue, on peut découvrir une cuisine d’un raffinement magique. En entrée, il faudra déguster de l’avis de tous, le afghan2.jpgborani : des aubergines frites accompagnées d’une sauce tomate au yoghourt. On peut aussi succomber à sa variante le borani torahi : de fines tranches de courgettes préparées à l’ail et nappées d’une onctueuse crème au yoghourt. En plat principal je me suis laissée surprendre par des raviolis afghan3.jpgde poireaux accompagnés de viande aux poix chiches concassés et de haricots rouges. Une pointe de menthe et de basilic séchés rendent ce plat subtil tout à fait surprenant. Rigueur journalistique oblige, il nous faut goûter le dessert typique : le Halva un gâteau à base de farine grillée préparée avec du sucre, des amandes, des raisins secs, le tout saupoudré de cardamome. On ressort du restaurant comme on revient d’un long voyage dépaysant, avec une nouvelle idée de l’Afghanistan, loin très loin des talibans, des burqua et du commerce d’opium. Prix du billet d’avion : en moyenne 20 euros…

Pour plus de renseignements sur la cuisine afghane : http://cuisineafghane.free.fr

L’Afghanistan
48, rue Saint Maur
75011 Paris

Photos: Jonas Roux