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05 mai 2007

Héros fragiles

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D’une photo aux rêves brisés des révolutionnaires Chiliens

Au hasard d’une lecture, Emilio Paccull découvre une photo. Une photo et tout un mystère. Il y a un homme, couché au sol, mort. Selon une note, il s’agirait de Salavador Allende dans le palais de La Moneda. Persuadé qu’il s’agit en réalité de son beau-père : le réalisateur part au Chili à la recherche de plus d’informations. Il sait déjà que son beau-père était un grand ami d’Allende, qu’il s’est lui aussi suicidé le 11 septembre 1973 après le coup d’état de Pinochet. Il veut maintenant connaître le déroulement exact des évènements et le rôle qu’ y a joué son beau-père.

Carnet en main, Emilio Paccul, rencontre ceux qui ont connu son beau-père. Sa mère évidemment, mais aussi ses amis, ceux qui comme lui étaient au palais de la Moneda. Dans un parcours initiatique et thérapeutique, le réalisateur tente de comprendre la répression de la révolution chilienne. Comprendre pour se réconcilier avec son histoire.

C’est donc le postulat poétique du film : raconter le 11 septembre 1973 à partir d’une photo, d’une image. Une photo que le spectateur ne verra jamais vraiment. Sous le prisme d’une loupe, sous la lumière rouge d’un laboratoire photographique : cette image peine décidément à délivrer ses secrets, trop lourds. Persévérant Emilio Paccul multiplie les entretiens. Il faut rencontrer les responsables de la mort de son père. Sans animosité, mais en demande d’explications. L’occasion d’une rencontre d’espaces : celui de sa famille et celui du politique. Avec sa fille, il revient au palais de La Moneda.

Un point de vue qui s’élargit encore avec l’interrogation des acteurs du monde présent, comme Milton Friedman, prix nobel d’économie, très critique de la révolution chilienne. Il ressort de cette rencontre des question pesantes : quel héritage les héros fragiles et leur ennemis nous laissent-ils? À l’heure du capitalisme vainqueur, le rêve est-il encore possible ?

Et toujours en filigrane, une réflexion sur le rôle des images dans l’Histoire : images tronquées, truquées, rectifiées, complétées, images symboles. Un film riche qui souffre peut-être de cette qualité. Déroutant et envoûtant.

>> Sortie le 16 mai 2007