Veille de départ
Que faire la veille de son départ ?
New York recèle de surprises et de secrets. Avant de partir, on est tenté de faire une multitude de choses, quitte à les bâcler. Fort de ce constat, on opte donc plutôt pour la simplicité : marcher dans les rues de New York, flâner, acheter des petits souvenirs… Et, une expo quand même ! On a toujours pas visité le Centre International de la Photographie. Il faut remédier à ça ! En ce moment l’expo phare, c’est « Martin Munkacsi : think when you shoot ! ». Je ne connaissais pas du tout Martin Munkacsi. Il était temps, je découvre ses photos et sa vie : un ensemble passionnant. Hongrois d’origine, Martin Munkacsi a connu la gloire en son temps avant de sombrer dans l’oubli. Avec l’expo, on le suit dans ses voyages : Berlin, New York, le Libéria, le Brésil. Photographe du mouvement,
Munkacsi aimait tout particulièrement saisir des instants éphémères : une femme en train de sauter, Fred Astair dans un pas de danse, des enfants libériens courant vers la mer… Cette photo, celle des gamins du Libéria a été décisive pour Cartier-Bresson. À son sujet, il a déclaré : « J’ai soudain compris que la photographie peut fixer l’éternité dans un instant. C’est la seule photo qui m’ait influencé. Il y a dans cette image une telle intensité, une telle spontanéité, une telle joie de vivre, une telle merveille qu’elle m’éblouit encore aujourd’hui. La perfection de la forme, le sens de la vie, un frémissement sans pareil… Je me suis dit : bon dieu, on peut faire ça avec un appareil… Je l’ai ressenti comme un coup de pied au cul : allez, vas-y ! ».