Y a pas que l’assiette !

Le blog de ce qui se mange… Et de ceux qui le mangent…

Archives de mars 2007

10 mars 2007

Bye Bye New York !

Ça y’est, le dernier jour est arrivé.

Notre avion décolle à 17h55, on doit partir de Greenwich vers 15h. Il faut se remplir les yeux et l’âme de New York une dernière fois. Une dernière fois les taxis jaunes. Une dernière fois les avenues infinies. On tourne la tête à droite, à gauche, pour profiter pleinement de la luminosité des rues et de leurs perspectives magiques. Une dernière fois se sentir tout petit sous les buildings. Il fait beau. Dernière balade dans Greenwich. Pour honorer la ville, on goûte pour la première fois l’une de ses spécialités : le Cupcake. Un gâteau type muffin surmonté d’une généreuse crème au beurre parfumée (chocolat, citron, etc…). Très bon, mais faudrait pas en abuser.

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Cupcake (photo: Jonas Roux)

On quitte les New-Yorkais égaux à eux-mêmes. Ravis de se pavaner avec leurs lunettes de soleil (immenses) et leurs chiens (minuscules) en laisse. Chics au possible. On a pas très envie de partir. L’envie de se cacher dans la soute d’un avion en partance de New Delhi nous démange furieusement. Conclusion : New York sera toujours New York et le voyage invite au voyage.

09 mars 2007

Veille de départ

Que faire la veille de son départ ?

New York recèle de surprises et de secrets. Avant de partir, on est tenté de faire une multitude de choses, quitte à les bâcler. Fort de ce constat, on opte donc plutôt pour la simplicité : marcher dans les rues de New York, flâner, acheter des petits souvenirs… Et, une expo quand même ! On a toujours pas visité le Centre International de la Photographie. Il faut remédier à ça ! En ce moment l’expo phare, c’est « Martin Munkacsi : think when you shoot ! ». Je ne connaissais pas du tout Martin Munkacsi. Il était temps, je découvre ses photos et sa vie : un ensemble passionnant. Hongrois d’origine, Martin Munkacsi a connu la gloire en son temps avant de sombrer dans l’oubli. Avec l’expo, on le suit dans ses voyages : Berlin, New York, le Libéria, le Brésil. Photographe du mouvement, veille.jpgMunkacsi aimait tout particulièrement saisir des instants éphémères : une femme en train de sauter, Fred Astair dans un pas de danse, des enfants libériens courant vers la mer… Cette photo, celle des gamins du Libéria a été décisive pour Cartier-Bresson. À son sujet, il a déclaré : « J’ai soudain compris que la photographie peut fixer l’éternité dans un instant. C’est la seule photo qui m’ait influencé. Il y a dans cette image une telle intensité, une telle spontanéité, une telle joie de vivre, une telle merveille qu’elle m’éblouit encore aujourd’hui. La perfection de la forme, le sens de la vie, un frémissement sans pareil… Je me suis dit : bon dieu, on peut faire ça avec un appareil… Je l’ai ressenti comme un coup de pied au cul : allez, vas-y ! ».

08 mars 2007

Balade dans Harlem

Journée très chargée aujourd’hui.

Le jour de notre départ arrive à grands pas (snif, snif) et il nous reste juste une petite tonne de choses à réaliser.

harlem1.jpg10h30 : je passe à Zoni, mon ex-école d’anglais pour dire au revoir à mes ex-petits camarades et à mon ex-teacher, Ryan. Je quitte l’école vers 11h15 et retrouve Jonas. Direction Harlem. On prend le métro jusqu’à la 125ème rue. Premier aspect frappant : Harlem est un son différent. Une situation due à la musique très fort dans les magasins et aux vendeurs de CD dans la rue qui font brailler leurs magnétos. À la sortie du métro une jeune femme m’a alpagué. J’ai mis beaucoup de temps à comprendre qu’elle voulait me tresser… Pas pour cette fois, merci ! Même avec la genntrification, la population reste très noire. On entend des « brother » fuser à tous les coins de rue. On voit pas mal d’immeubles à vendre : la mutation d’Harlem n’est de toute évidence pas terminée. Au déjeuner, on va manger chez Sylvia’s, un restaurant spécialisé dans la « soul food ». C’est de la cuisine noire américaine du sud. Les guides nous avaient prévenus : l’endroit est devenu touristique tout en gardant sa clientèle d’habitués du quartier. Pendant notre repas, on aura vu débarquer un car entier de touristes espagnols, mais aussi un déjeuner d’affaire. Le serveur, qui ressemble vaguement à Barry White, nous amène une corbeille de morceaux de gâteaux à la banane : elle fera office de pain. Jonas choisi le « Bar-B-Que Ribs & Chicken combo » (des côtes de porc en barbecue et du poulet frit). J’ai pris un « Tasty Carolina style grilled cat fish » (un poisson chat à la mode de Caroline du sud). Tout est très bon. En accompagnements, on se régale avec une purée de pomme de terre à l’ail et des « black eyed peas ». Non, le groupe de musique en vogue ne s’est pas invité dans notre assiette. Les « black eyed peas » sont des haricots. Toute une métaphore qui désigne la tâche noire au milieu des haricots, comme un œil noir. En sortant on va se balader dans Harlem deux bonnes heures. Des églises, des salons de coiffure africains et des rues aux noms de noirs célèbres à n’en plus finir. Harlem. On rentre au bus jusqu’au Rockfeller Center. Balade shopping sur Times Square. On a rendez vous avec Amandine chez elle en fin d’après-midi.

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Ce soir on va faire le tour des galeries d’art de Chelsea.

Chaque Jeudi soir, les galeries organisent des vernissages. Ici le rapport aux œuvres est franchement décomplexé. Toute la sacralisation, postérité des objets de musée est ici inexistante. D’où l’impression pour le visiteur, ou l’acheteur, d’être au cœur de la genèse d’une histoire. Les conséquences de ce rapport différent ne sont pas toujours positives. Amandine nous explique que le marché de l’art est de plus en plus bouleversé par des pratiques issues du milieu de la finance. Par frime, goût ou intérêts, certains jeunes loups de Wall Street achètent maintenant des tableaux comme on achète une entreprise (rentabilité, profit, bénéfice, spéculation). Les règles du jeu du « marché de l’art » en sont complètement modifiées. Visiblement certains artistes émergent à une vitesse hallucinante sans que leurs oeuvres ne le justifient vraiment. Il va sans dire que pour toutes ses raisons, les galeries sont un lieu où il faut être vu à New York. Peu de personnes regardent le travail des artistes. On parle de tout et de rien : de la maison à Los Angeles, le chien, et l’œuvre d’un artiste ukrainien méconnu. Et bien sûr, le tout autour d’un petit verre de champ ! Ah oui j’ai oublié de préciser un détail important : on boit du vin et du champagne à l’œil en galerie. Je suis vraiment ravie de cette excursion typique New-Yorkaise : merci Amandine ! En sortant, pelerinage à Teany. Je dois dire au revoir à quelqu’un de merveilleux : le gâteaux au chocolat et peanut butter mousse ! Un truc à ronronner de plaisir. J’ai la larme à l’œil. Je lui dis des mots doux dans le creux de sa mousse : « Gâteau ! Toi et moi, on s’est aimé comme on aime jamais. Ce n’est qu’un au revoir. On se retrouvera, l’amour est plus fort que tout. Je t’aime gâteau ! ».

Photos: Jonas Roux
07 mars 2007

Back to N.Y.C.

Ce matin, on a failli rater notre bus.

À force de se coucher tard, impossible de se réveiller, surtout à 5h45 du matin ! On quitte Fabien et Keltoum (qui nous ont accueilli comme des rois), le froid de Montréal, et la discipline folle des Québécois. Petite anecdote là-dessus : quand on traverse une rue, un compte à rebours se déclenche avant que le bonhomme piéton ne devienne rouge. Ça veut dire : « Il ne vous reste plus que 5 secondes pour traverser, il ne vous reste plus que 4 secondes pour traverser, etc… ». Quand le compte à rebours est à 0, les Québécois ne songent même pas à courir pour traverser, vite fait, bien fait… Pareil, on ne verra jamais un Québécois traverser au rouge : ils sont fous ces Québécois !

Le retour à New York, tout en contrepoint. back.jpgComme ça m’est souvent arrivé ici, je surprend un New-yorkais en train de chiper le taxi d’un de ses congénères. En général, le drame se déroule dans l’ordre suivant. Deux New-yorkais, tous les deux pressés, attendent un taxi en faisant de grands signes de main. L’un est devant, l’autre derrière. Quand le taxi freine, il ne parvient pas à s’arrêter devant la première personne. Ca ne gêne pas la seconde qui crie « Got it ! » ou « This one is mine ! », sous entendu « Pas touche ! ». On passe aussi devant le KFC / Tacobell de West village, fermé pour cause d’insalubrité. Avant qu’on parte, c’était l’effervescence autour de cette affaire : un client a filmé des rats en train de gambader joyeusement dans le KFC. La vidéo a tourné sur Internet, You Tube, etc… Ici les rats sont très nombreux et très gros parce qu’ils se nourrissent des déchets des New-yorkais, et il y en a beaucoup ! On les voit courir partout dans le métro.

Ah New York ! Ses citadins pressés et ses rats gourmands : ravis de te retrouver !

06 mars 2007

Montréal, le voyage dans le voyage (5ème jour)

« Fait frette ! »

C’est l’expression qu’utilisent les Québécois pour dire qu’il fait très froid. Il fait toujours - 20° avec un ressenti de - 35°. On a vu au JT que c’était les températures les plus froides connues au Québec depuis plus de 50 ans.

C’est donc bien au chaud que Fabien et Keltoum nous ont fait découvrir le phénomène québécois du moment : Willy Waller (et les Têtes à Claques). C’est un personnage animé en 3D dont les sketchs font fureur sur Internet. C’est très spécial. En fait, l’effet comique repose entièrement sur un accent québécois très marqué, mais probable, et sur une profusion d’anglicismes, plus improbable. Visiblement les Québécois ont le sens de l’autodérision.

Après notre séance humoristique québécoise, on aimerait bien bouger, mais par ce temps-là, il faut réfléchir à deux fois avant d’oser sortir, ne serait qu’un doigt emmitouflé dans un gant. blintz.jpgDe toute évidence, on ne va pas visiter la ville, ou même se promener dans les rues de Montréal. Alors, on opte pour un billard du côté de Mont-Royal. Après deux parties perdues on retourne dans le resto où on avait brunché le lendemain de notre arrivée. Je mets fin aux regrets qui m’ont tourmentée tout notre séjour durant : il faut que je mange un « blintz ». Le nom exotique de cette crêpe, ou pancake très fin, originaire de l’Europe de l’Est est plein de promesses ! Ici mon « blintz » est agrémenté de crème sûre (crème fraîche très épaisse) et de bleuets (le nom que les Québécois donnent exclusivement aux myrtilles). Enfin mon « blintz » est fourré au fromage, un vrai délice. Je ne regrette pas cette découverte. Aller au Québéc pour découvrir une spécialité de l’Europe de l’Est, je trouve ça très poétique…

Toujours aussi « frette » dehors. Demain on retourne à New York, pas mécontent de retrouver la chaleur estivale (environ - 10°) de la grosse pomme.

Photo: Jonas Roux