United Nations
Il fait un temps pourri. Une superbe occasion de visiter un musée ou de se faire une expo. On a choisi de visiter l’ONU. La guide égrène des chiffres assommants : 80% des victimes des mines antipersonnel sont des enfants, 20% de la somme des budgets annuels consacrés par chaque pays aux dépenses militaires suffirait à offrir de l’eau potable à toute la planète, mais aussi à prendre en charge des problèmes de santé du monde entier, et pleins d’autres choses encore ! On nous montre les cadeaux diplomatiques fait à l’ONU (luxueux mais pas forcément jolis). Les visites des salles qui accueillent l’Assemblée Générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social et le Conseil de tutelle sont assez impressionnantes. J’aimerais bien m’asseoir dans le fauteuil de Ban Ki Moon mais Jonas me lance un regard mauvais. Je dois comprendre : « Je sais ce que tu veux faire, n’y pense même pas ! ». C’est pas grave, je pourrais m’affaler dans ce siège quand on m’aura élue Secrétaire Général dans 27 ans. Si si, ça arrivera, je vous le promets !
Photo: Jonas Roux
Le zoo du Bronx

Fait aujourd’hui: Le zoo de New York. Sortie « scolaire ». Je retourne en enfance. Il ne manque plus qu’on nous maintienne en groupe avec une corde et c’est la fête des enfants ! Le zoo : moyen. Avec le froid les animaux ont été rentrés dans d’immenses cages en verre. Les animaux enfermés en plein air c’est déjà triste, dans les cages en verre c’est encore pire. En revanche j’apprécie mes discussions avec mes petits camarades du monde entier. Luisa, qui vient de Sao Paulo, me fait écouter de la musique brésilienne sur son iPod. Luon Ji, mon camarade coréen, me fait partager son expérience (mauvaise) du foie gras, trop gras. Je lui demande comment il l’a mangé, il me répond à la petite cuillère !
Parcourue cette après-midi: New York pendant plus de trois heures. Vive la marche, vive NYC !
Vu aujourd’hui: Dans Greenwich, devant l’arc de triomphe du Washington Square, un homme seul avec une énorme pancarte « NO WAR! ».

Mangée ce soir: Une délicieuse « slice » (ce qui signifie une part de pizza pour les autochtones). Epinards et fromage blanc. Miam !
Photos: Renée Greusard
Les incontournables de NY : sandwich au pastrami et jazz !
À midi on va manger chez Katz’s, le Delicatessen le plus connu de New York. Katz’s existe depuis 1888, autant le dire : c’est une institution ici. L’endroit est surtout connu pour avoir accueilli le tournage de Quand Harry rencontre Sally. Hé oui la fameuse scène de l’orgasme a été tournée ici. Alors vraiment orgasmiques les sandwichs de chez Katz’s ? Franchement, pas au point de réveiller tout Manhattan ! Notre sandwich au pastrami (poitrine de bœuf fumée) est bon surtout grâce à sa viande bien cuite.
Katz’s est le dernier Delicatessen de New York, qui cuit et fume lui-même son pastrami. N’en déplaise à Sally, Katz’s n’est pas un si bon coup qu’elle le prétend. En fait, ça vaut le coup d’y aller pour l’ambiance cantoche, et la déco volontairement surannée. Des affiches vielles de la Seconde Guerre, pendouille au plafond : « Send a Salami to your boy in the army ». Impossible de manger la totalité du sandwich, une moitié suffit pour un repas ! On fait mettre le tout dans un doggy bag, et on quitte le Katz’s…
Ce soir on a décidé d’aller écouter du jazz au Smalls (une boîte dans Greenwich). On y va à pied. C’est une ballade sympa : Lower East Side, East village, et Greenwich by night. Le Smalls, toute une ambiance ! La boîte est dans une cave. Il faut descendre des escaliers, cachés derrière la porte de la boîte pour accéder à la salle (minuscule) des concerts. À l’intérieur ambiance très cosy, fauteuils délicieusement moelleux, lumière tamisée. On se prend un verre au bar. Bière pour Monsieur, cocktail pour Madame. Enfin, je goûte au fameux (surtout grâce à Sex and the city) Cosmopolitan (mélange coriace de vodka, martini, jus d’airelle glace et citron). L’occasion aussi de sympathiser avec le barman, Michel. Un personnage un peu farfelu : il nous a montré, très fier de sa trouvaille, une encyclopédie d’oiseaux achetée en occasion, une vielle édition visiblement… Michel est du genre typique New-Yorkais avec son béret basque. De toutes manière, tous les musiciens arborent des bérets français. C’est la touche jazz in NY, faut croire. Le groupe de ce soir est vraiment chouette, la chanteuse est Française (ce qui semble plaire à notre ami barman). Discussion avec Michel, la France, les oiseaux, le jazz, tout et rien. En quittant la boîte j’ai même le droit à un hug (ça veut dire qu’il me sert dans ses bras, les Américains le font beaucoup avec des proches) ! Je me sens totalement New-Yorkaise.
Photos: Renée Greusard
Le « Presidents Day », Britney et Ellis Island
Aujourd’hui c’est le « Presidents Day ». J’ai déjà fait crouler mon prof d’anglais sous les questions. « Et c’est quoi le “Presidents Day” ? Et vous ferez quoi pour le “Presidents Day” ? Y aura une parade pour le “Presidents Day” ». Malheureusement, je n’ai obtenu que des réponses allusives : « J’sais pas… » ou encore « Bin c’est pour honorer la mémoire des présidents morts » ! Premier éclat de rire : « Honorer la mémoire des présidents morts ?! Comment vous comptez vous y prendre ? » Réponse : « J’sais pas, il va y avoir des soldes… ». Je ris de plus belle. Mais ça c’était il y a trois jours. Aujourd’hui, c’est le « Presidents Day » et j’attend de voir, impatiente, ce qui va se passer. Je ne serai pas enthousiaste longtemps. Les journaux gratuits (il y en a bien une vingtaine ici) ne parlent presque pas du « Presidents Day ». Non. Une nouvelle de la plus haute importance a fait s’éclipser la mémoire des présidents morts. Le scoop occupe toutes les unes, ostentatoire… La nouvelle qui ressemble de près à l’annonce d’une Troisième Guerre Mondiale, c’est… Britney… Britney et ses cheveux, ou plutôt Britney sans ses cheveux.
« Bald Britney »

« What was she thinking ? ». C’est la question que tout le monde se pose ici. Les spéculations vont bon train. Elle s’est rasée la tête parce que :
- elle s’est disputée avec sa mère, et qu’elle voulait la faire bisquer.
- elle est droguée et folle depuis que son mari et elle sont en train de divorcer.
- elle perd de sa popularité et que tous les moyens sont bons pour revenir sur le devant de la scène.
Dans les journaux, on avait même le droit à l’interview du coiffeur qui a tondu Britney, mais aussi à l’interview de la coiffeuse qui a refusé de tondre Britney ! Maintenant ses cheveux sont vendus sur eBay, les enchères ont commencé à un million de dollars. Avis aux amateurs de cheveux gras de chanteuse has been en mal de célébrité.
Allez on quitte Manhattan, l’effervescence des tifs de Britney, direction Ellis Island ! Pour moi, Ellis Island, c’est d’abord une scène du Parrain. Don Corleone gamin arrive sur l’île, il reste muet, on le met en quarantaine. Il chante la chanson de son village natal à la fenêtre… Soyons honnêtes, Ellis Island pour les touristes : rien à voir avec le Parrain. C’est un lieu très froid. Dans le hall où les immigrants étaient parqués avant d’être inscrits sur des listes, les voix résonnent en dessous des drapeaux américains. C’est aussi très émouvant d’imaginer tous les immigrants qui ont transité par Ellis Island, d’imaginer aussi les rêves qu’ils portaient, persuadés de connaître une vie meilleure. Une anecdote retient notre attention : après les tests médicaux, les Américains posaient des tas de question stupides durant le test de santé mentale. Après qu’on lui a demandé
« Quand vous nettoyez des escaliers, vous commencez par le bas ou par le haut des marches ? », une immigrante a répondu « Je ne suis pas venue aux Etats-Unis pour nettoyer des escaliers ». Ellis Island, c’est aussi les 2% d’immigrés qui étaient renvoyés dans leur pays d’origine. Parfois des familles étaient déchirées. Je pense terriblement à Gorée (l’île aux esclaves de Dakar). Rien à voir bien sûr… Mais tout de même, tous ces gens parqués, pesés, examinés, traités comme des moins que rien ? Et le tout sur une île. Les Américains n’ont pas l’air de vouloir mettre en avant la dimension tragique d’Ellis Island. Au « gift shop », on peut prendre une photo de soi, qui après retouche nous mettra dans la peau d’un immigrant ! Super chouette ! Vive le bon goût américain…
Photos: Jonas Roux
Bonne année !
Matinée studieuse. Il faut que je reprenne le train de l’actualité en route. Beaucoup de choses se sont passées : Duhamel s’est fait suspendre de France télévision, Maurice Papon est mort. Mais surtout la plus grande des nouvelles : Gourbangouly Berdimoukhamedov est devenu le nouveau président du Turkménistan. Chouette, un nom bien musical à retenir pour les concours !
À 1h30 PM on a rendez-vous avec Elodie, une copine française de mon école, son petit copain et un ami italien à eux, Cossimo. On va bruncher au Café Gitane sur Mott Street dans Nolita (pour North of Little Italy). Nolita est un quartier à quelques rues de Soho (pour South of Houston street). Le Café Gitane semble assez emblématique du quartier : branché et un peu bohème, bien bobo. Le café mélange les genres : cuisine fusion. On peut manger des plats d’influences marocaines, italiennes ou françaises. Rien de New-yorkais ? Mais si New York c’est exactement ça, pouvoir manger marocain, français et italien dans un même restaurant, ou encore manger des pizzas « italiennes » cuisinées par un portoricain. On prend des œufs cuits avec du saumon et des patates. Très bon et pas cher (7$) ! Cossimo me fait goûter son gorgonzola accompagné de noix et de miel : succulent ! Une fois sortis du resto, on va se balader dans Chinatown. C’est le nouvel an chinois. Cette année sera celle du « golden pig » ou du « cochon de feu ». C’est une très bonne année pour faire un enfant. Il y aura cette année une hausse très forte de la natalité en Chine ! Les enfants nés l’année du cochon de feu connaîtront succès, fortune, chance, réussite sans bouger le petit doigt ! La dernière année du cochon de feu a eu lieu il y a 60 ans ! Ceci dit, j’ai entendu sur RFI que des astrologues chinois s’insurgeaient contre la proclamation de l’année du cochon de feu. Selon eux, l’année du cochon de feu a eu lieu il y a 25 ans. Mais l’astrologie avait alors été interdite par Mao. Les astrologues accusent donc un coup marketting monté par les industries liées au nourrisson ! Enfin bref, on s’en fout. On est ravis d’atterrir dans la parade du nouvel an chinois. Les pétards fusent dans tous les sens, les confettis illuminent les rues de Chinatown, et les gamins sont euphoriques. C’est super festif. Les dragons bénissent les magasins. Une laitue est accrochée au-dessus d’un magasin, et le dragon vient alors la manger en signe de bénédiction. Comme beaucoup de gens, on assiste à tout ça en brandissant notre appareil photo au-dessus de la foule.

Happy new year !