Y a pas que l’assiette !

Le blog de ce qui se mange… Et de ceux qui le mangent…

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24 février 2007

Montauk, le bout du monde.

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Aujourd’hui, on a prévu de s’évader de la jungle New-Yorkaise pour la cambrousse de Long Island : expédition Montauk (le point le plus à l’Est sur la carte de l’île).

lirr.jpgPour arriver à destination, il faut prendre le train. Réveil matinal, 6h30. Train à 8h. Ce dernier longe l’océan pendant plusieurs heures, pour arriver alors dans les Hamptons. Quand on dit Hamptons, il faut entendre : villégiatures chics pour New-Yorkais (très) riches, nostalgiques d’air pur et d’herbe fraîche, le temps d’un week-end. En été les Hamptons sont de vraies stations balnéaires. Tout y est hors de prix. Nous ne sommes ni fous, ni riches, d’où notre choix : Montauk. Beaucoup moins huppé, le lieu n’est pas moins célèbre depuis que Michel Gondry y a tourné une partie de son film Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Alors oui reconnaissons le, on a décidé aujourd’hui de se prendre pour des stars. Je serai Kate Winslet (en moins blonde. Que dis-je ? Rousse ! Que dis-je ? Bleue), il sera Jim Carrey (en moins élastique et grimaçant). Quand on arrive à Montauk, c’est vraiment la fin du monde. Le bout des rails. « Montauk, the end » comme on pourra le lire sur tous les objets clinquants destinés aux touristes.

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Pas un chat. Juste deux New-Yorkaises branchées arrivées par le même train que nous, perdues dans leurs petites chaussures et leurs lunettes Starky et Hutch de faschionnistas. Pas de bruit non plus, si ce n’est le vombrissement du train et le « zzzouuum » (tant que ce n’est pas pschit) des voitures qui passent. Pour accéder à des vies humaines locales, il faut marcher un bon quart d’heure en longeant la route. Ensuite on arrive enfin à trouver un endroit où manger. Les guides (le Routard comme le Lonely) nous ont lâchement abandonné. Rien sur Montauk ! Nous voici livrés à nous-mêmes. glace.jpgRepas sans intérêt. Si ce n’est que le verre pleins de glaçons, qui arrive à grande vitesse vers moi, me rappelle qu’il faut que je vous parle de la glace. Très important la glace ! Dans n’importe quel restaurant, on nous amène des notre arrivée un grand verre d’eau plein de glaçons. Et si on commande une boisson sucrée, c’est pareil : plus de glaçons dans le verre qu’à boire. Le seul moyen d’échapper à cette hérésie (boire de l’eau glacée, alors même qu’il fait – 10° dehors), dire les mots magiques : « No ice, please ». Malheureusement on les oublie tout le temps. Après notre repas, très longue marche. Ballade sur la plage. Magnifique. Le ciel limpide, le sable froid, paradisiaque. On veut voir le phare (qui au passage se dit « lighthouse », j’ai appris ça aujourd’hui). Allez, ça ne doit pas être bien loin… Par chance, on croise une montaukienne : « It’s far far away from here », nous dit-elle. Oki doki, le phare, ce sera pour une autre fois.

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En rentrant, on se perd complètement. Chouette. C’est l’occasion d’admirer tous les drapeaux américains plantés dans les jardins, les autocollants « God bless America » sur les énormes 4×4 (en moyenne deux par maisons). Serions-nous dans l’Amérique profonde ? farwest.jpgMarche dans les rues désertes. Difficile d’imaginer les vacanciers envahir ce bled paumé en été. Bientôt nos gourdes seront vides, et les coyotes nous mangeront. Far West à Montauk City. On croise des biches. Pas gênées, elles squattent les jardins des maisons inoccupées. En rentrant par la highway, on croise une biche éventrée sur le bord de la route. Probablement percutée par un 4×4… Quelques heures de marche, de pieds en bouillie et de jambes flageolantes plus tard, nous revoilà de retour en gare de Montauk. Dans le train, pleins de gamins pressés de goûter au Saturday Night fever de Manhattan. Et puis il y a aussi des mecs qui gueulent « Let’s go Rangers ». Quand on arrive à N.Y. et qu’ils croisent des collègues (c’est-à-dire des personnes qui portent le même maillot qu’eux, et qui ont autant bu), ils gueulent encore plus fort : « LET’S GO RANGERS ». Ce soir, il y aura un match de hockey sur glace au Madison Square Garden. Les Rangers de New York se feront laminés par les Blue Jackets de Columbus (2 - 3). Et je me demande : Pourquoi diable tous les supporters bourrins du monde se ressemblent-ils tant ?

Photos: Jonas Roux