Y a pas que l’assiette !

Le blog de ce qui se mange… Et de ceux qui le mangent…

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16 février 2007

On déménage !

Après mes cours on va bruncher au « cow-girl » sur Hudson street avec Amandine. C’est un lieu vraiment atypique : mélange de déco « cow-boy » et chinoise (nouvel an oblige). Quand on prend des œufs, les serveurs nous demandent toujours la cuisson qu’on veut. Au début on ne comprenait pas. Trop de mots inconnus. Scrumbled (brouillés), poached (pochés), etc… Grâce à Amandine, on apprend à dire un œuf au plat. Une expression idiomatique très jolie : « sunny side up », c’est à dire la face ensoleillée de l’œuf, si on considère le jaune comme un soleil. En bons Français arrogants, on est surpris de découvrir les Américains poètes.

À 6 PM, rendez-vous dans Lower East side avec Rebecca et Billy qui nous accueilleront dans deux appartement différents pendant les deux semaines à venir. On prend nos bagages : bye bye Greenwich et Amandine. Avec mon énorme sac à dos, j’ai l’air d’un escargot. J’me ballade avec ma maison sur le dos. En arrivant dans Lower East side, on est paumés. Comme ça arrive souvent ici, on va goûter à la gentillesse et au savoir vivre New-Yorkais : on ne trouve pas Orchard street, la rue où se situe notre nouvel apart. On demande notre chemin à une New-Yorkaise accompagnée de sa fille. Je prononce mal « Orchard ». Finalement, elle comprend enfin ce que je baragouine. Et l’air soulagé elle dit « Aaaaaaahh Orchard street » en me caressant le bras. (Je me dis « bin oui c’est ce que je disais »). Puis « venez on va faire le chemin ensemble ! ». Et en marchant, on a même le droit à une petite leçon d’Histoire sur le quartier. Les « orchards » étaient dans le passé des fermes spécialisées dans la production et la vente de fruits. Des vergers. La rue s’appelle Orchard parce que le quartier était plein d’arbres fruitiers (des pommiers et des cerisiers surtout). Bref une New-Yorkaise, bien new-yorkaise, c’est-à-dire adorable. Pour nous c’est surprenant, mais ici c’est normal. Dès qu’on demande un renseignement à quelqu’un, il prend le temps de nous renseigner. Et pourtant les New-Yorkais sont très pressés !

Le soir RDV avec Sabine, rencontrée chez des amis parisiens lors d’un (délicieux) dîner brésilien. On la retrouve en compagnie de Fred (un New-Yorkais pure souche, né à Manhattan). Sabine a incrusté son « date » dans notre rendez-vous. Petite pause d’ailleurs sur le « date » : un « date » est un rendez-vous galant. On rencontre un homme ou une femme en tête-à-tête. Chacun sait que le but final du rendez vous est de finir ensemble. Du coup les « dates » ressemblent un peu à des entretiens d’embauche. Ca pose un vrai problème, comme nous l’expliquait Amandine, aux femmes déjà casées qui veulent juste avoir un ami masculin. C’est impossible ici : tout est biaisé. Question de rentabilité. Que va faire un homme célibataire avec une femme déjà casée ? Pour les New-Yorkais, ça revient à perdre son temps. Et ici le temps est compté. Bref, on se retrouve projetés dans un « date » américain. On est ravis ! C’est l’occasion de parler anglais pendant tout le dîner : resto japonais délicieux et vraiment pas cher. Tous les suchis, sachimis et makis, sont à moins 50%. Petite leçon d’accent New-Yorkais (il faut que j’apprenne à dire « the » sur les dents et le palais et pas sur la langue pour me fondre dans la masse) et un point sur les histoires de tip (pourboire). Ici on laisse environ 15% de la note au serveur. C’est beaucoup, mais c’est aussi le fondement du système au sein des restaurants (et dans beaucoup d’autres endroits) : les serveurs sont en effet payés sur le « tip » ! Autant dire qu’on est obligés de laisser du « tip », sinon c’est très très très mal vu. Pour les Américains qui viennent en France, ça donne lieu à un brassage de billets improbable. Fred en a d’ailleurs fait la mauvaise expérience avec un employé d’hôtel, vexé de se voir couvrir de billets. Au dessert glace au « red-bean », surprenant mais très bon.