Une jeunesse comme aucune autre
Jeunes et jolies sous les bombes
Un sac en bandoulière. De grosses chaussures militaires. Le béret kaki couvrant des cheveux noirs teintés d’un violet « à la punk ». Smadar pourrait, à s’y méprendre, faire partie de la tribu adolescente des « punks militaires ». Par défi, le béret les chaussures et le blouson de l’armée ! Si seulement… Non, Smadar, jeune israélienne de 18 ans n’a pas choisi l’uniforme. C’est une jeune recrue de l’armée israélienne, contrainte de faire son service militaire en patrouille dans les rues de Jérusalem. Flanquée d’une camarade empotée et un peu godiche (Mirit), il faut contrôler des Arabes, le plus possible. Leur demander leurs papiers, fouiller leurs sacs, leurs vêtements. Les déshabiller. Dans l’âge révolté, Smadar rechigne à incarner l’ordre de l’armée, comme à se plier aux règles.
Les 400 coups dans Tsahal
Car oui, Smadar, comme n’importe quelle gamine de 18 ans a la tête remplie de choses bien plus passionnantes : les garçons, les habits, les conneries. On vole dans les supermarchés pour s’amuser… On fume en cachette et on s’achète des boules de glace pendant les patrouilles… La commandante a beau leur répéter qu’elles ne sont pas en colonie de vacances, les filles n’en font qu’à leur tête ! Bien qu’à l’armée, elles reproduisent les schémas connus de l’école : Smadar la mauvaise élève renvoie impitoyablement Mirit aux affres collégiennes. Que ne ferait pas la jeune femme trop gentille pour être cool et branchée ? Allant jusqu’à demander à ses parents qui l’accompagnent en voiture de la déposer avant la caserne. Ça pourrait être l’histoire banale d’une amitié impossible entre deux gamines de 18 ans, jusqu’à ce que l’actualité reprenne le dessus. Une bombe. Celles qui n’étaient pas faites pour s’entendre vont finalement tenter de se comprendre. Le film s’avère alors dialectique, portrait de la ressemblance et du contrepoint. Qu’est-ce qui peut rassembler des femmes arabes ou israéliennes ? Civiles ou militaires ? Qu’est-ce qui les sépare ? Du haut de leur 18 ans et en tentant d’introduire du jeu dans l’armée, les midinettes tentent désespérément et effrontément de faire co-exister des espaces inconciliables… Une tache d’envergure pour des passionnées de vernis et de chapeaux ! On pense alors à Scarlett O’hara, dont les émois sentimentaux adhèrent aux mouvements de l’Histoire. Les deux jeunes recrues connaissent un destin différend. La réalité d’un conflit humain et militaire complexe les dépasse. Reste alors l’image d’un flottement. Jeunes et jolies, mais aussi errantes, Smadar et Mirit.
>> Sortie le 13 décembre 2006
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