La télévision Sénégalaise est un vrai régal !
Il n’y a ici que deux chaînes de télévision : RTS, télévision publique, et 2S, chaîne en train de se lancer. Spécialisée dans la danse, 2S ne programme pas encore de JT. Ca annonce déjà la couleur ! La chaîne d’Etat a toujours le monopole de l’information à la télévision. Du coup, le journal télévisé suinte la propagande. C’est dingue le décalage qui existe entre ce qu’on voit tous les jours dans la rue (pauvreté, corruption, saleté, insalubrité), et ce qu’ on voit dans le JT du soir : un sujet de plus de dix minutes sur une sortie d’enfants au zoo, le choix d’un logo quelconque pour une association quelconque, le sous ministre de je ne sais pas quoi en visite dans un village… Globalement le JT de RTS gomme toutes les réalités difficiles qu’on voit sans cesse dans la rue. En regardant le journal, je ne peux que m’impressionner d’un manque (je pense volontaire) d’information. A quoi s’ajoute malheureusement une technique et des rouages journalistiques non acquis. Mauvais choix d’interlocuteurs, mauvais choix de sujets, angles inexistants… et les sujets insignifiants s’éternisent. Bilan : le JT de RTS comparé à celui de France 2 dure deux fois plus longtemps pour cinq fois moins d’informations ! Hormis ça, la télé, c’est aussi des émissions chiantes comme la mort. Exemple : trois heures de gens filmés en train de prier sous seulement trois angles de caméra différents et fixes ! En dehors de ça, je ne peux m’empêcher de rire quand je vois les lots des cadeaux à gagner dans les concours télévisés : un voyage à la Mecque, cinquante bœufs, un grand boubou.
Mais ce qui passionne les femmes sénégalaises en ce moment, c’est Rubi.

Ahh Rubi : magnifique, génial, grandiose ! Chaque été RTS programme une tele-novela sud-américaine. Cette année c’est Rubi. Le générique annonce la couleur : « Mujer de nadie, Mujer de todos ». Rubi, femme vénale mais sublime. Rubi la méchante comploteuse. Rubi, c’est surtout toujours un grand moment de fou rire ! En plus d’égrener des phrases stupides du genre « l’amour est comme les fleurs, si on ne l’entretient pas, il se fane », les acteurs sont lamentables. Il faut dire que le doublage ne les sert pas. Voix monocordes pour des contenus tout de même dramatiques : « Alejandro, le bébé que porte Rubi est mon enfant, pas le tien ! ». Et puis le plus drôle : les voix doublées ne sont pas synchronisées avec celle des acteurs. Hector continue de parler, mais la voix qui le double s’est tue. Franchement, Les feux de l’amour, à côté de Rubi, c’est peut être une œuvre secrète de Marivaux.
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