Y a pas que l’assiette !

Le blog de ce qui se mange… Et de ceux qui le mangent…

27 août 2006

On quitte Kédougou et notre hôtel


Objectif : s’enfoncer dans les terres pour rejoindre Dinde Fallo. C’est un bled à 2h30 de Kédougou.

2h30 parce que la route est pleine de bosses et de trous : ici le 4×4 est franchement utile. Après avoir été dans ce molosse sautant dans tous les sens au beau milieu de la campagne africaine, penser aux parisiens abonnés au 4×4 sur un bitume lisse comme la peau d’un bébé me fait sourire. A Dinde Fallo, on mange un repas démesurément cher (1500 CFA par personne pour un riz au mouton ordinaire), puis on rejoint la cascade, principale attraction touristique du coin. C’est magnifique, le bain dans l’eau presque froide nous rafraîchit bien.

Ce soir, on va dans un campement : on dort dans des cases, l’électricité alimentée par des panneaux solaires n’est pas disponible avant 19h, pour prendre sa douche il faut utiliser un seau et l’eau d’une jarre. C’est rudimentaire mais très chouette. Notre hôte, Léontine, est très sympa et puis assez impressionnante : c’est elle qui a monté notre camp seule, et tous les jours elle va chercher l’eau avec laquelle tous les gens du campement vont se laver. On apprend à ne pas abuser de l’eau et de l’électricité : ça ne nous fait pas de mal ! Après le repas, Léontine nous propose d’aller à une fête organisée par les villageois.

Une cérémonie “agricole”

ceremonie1.jpgLes récoltes ont commencé et chaque jour les villageois s’entraident dans les champs. Au lieu de s’occuper individuellement de leur champ, les paysans se regroupent pour travailler la terre de l’un d’entre eux. Le soir, celui qui s’est fait aidé offre une fête en remerciement. En arrivant à la fête, on atterrit dans un univers inconnu : les femmes forment un cercle au milieu duquel un homme masqué chante et danse. Sur son dos, il porte un buisson de feuilles vertes, son masque semble fait de feuilles de maïs. On a beau demandé à Léontine ce que représente l’homme, elle se cantonne à nous dire que c’est un esprit. Pourquoi les feuilles ? Pourquoi ce masque ? ceremonie2.jpgLéontine contourne nos questions, visiblement elle ne peut pas trop y répondre. On ne peut donc que faire des supposition : l’esprit est celui de la terre, de la nature ou des champs. Les femmes entonnent un chant à plusieurs voix. C’est très beau. Ce sont des louanges, leurs louanges. Elles disent « les hommes, vous allez aux champs, après on va danser, ne nous minimisez pas ». Dans ce village Bedik (ethnie ultra minoritaire au Sénégal), on est animiste ou catholique. L’alcool n’est donc pas proscrit et les villageois ne s’en privent vraiment pas ! Léontine insiste pour que je danse avec les femmes : j’ai l’air d’une cruche ou d’une toubab perdue au milieu d’un rite africain…

Photos: Renée Greusard

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