Nouvelle sortie en ville
On reprend le Ndiaga Ndiaye (ça s’écrit comme ça en fait, et non pas Ndia ga ndiaye) direction Dakar. Pour que la description de ces transports en commun soit juste, je dois préciser un détail oublié la dernière fois : A l’arrière des Ndiaga Ndiaye se trouve des “apprentis”, en fait ce sont des rabatteurs. Accrochés au car, comme le font les éboueurs en France, ils signalent au chauffeur les piétions qui veulent monter en cognant plusieurs fois une pièce contre la ferraille du car.
En arrivant à Dakar, ma mère me montre du doigt des “venants”, ce sont des objets en tout genres, des étagères au frigo, qui ont été récupérés dabs les rues européennes pour être vendus à Dakar. Plus tard on va à Sandaga, c’est un grand marché au centre ville. Stop. S’imaginer Dakar : S’imaginer Dakar c’est s’imaginer un capharnaüm sans nom. Les voitures roulent n’importe comment, le bruit est incessant et les piétons indisciplinés vont où bon leur semble. En plus, impossible quand on est “toubab” de marcher dans la rue sans attirer une nuée de vendeurs piétons. C’est fou tout ce qu’on peut acheter comme ça. Les mecs brandissent des objets en tout genres : Pantalons, caleçons, lunettes, radios-réveils, montres, laisses pour chiens… C’est même parfois drôle quand on ne sait pas ce qu’ils nous tendent ! Les mecs agglutinés autour de nous deviennent assez rapidement fatigants. Maintenant qu’ils l’ont compris, leur grande phrase c’est : On est collants, mais pas comme des moustiques ! Ca ne doit pas être marrant pour eux non plus ceci dit. Dans le marché la femme voilée d’un commerçant Libanais qu’on connaît depuis des années refuse de serrer la main des hommes (visiblement la connerie est unisexe). Plus tard, je veux acheter des robes boubous, il faut marchander. J’ai toujours détesté ça parce que j’avais l’impression que chacun essayait de rouler l’autre. Mais cette fois ci, c’est différent. Le mec est cool, il m’inspire confiance. Après m’avoir donné un prix très haut (3500 CFA), il me dit Vas y donne-moi un prix ma fille. Je commence bas : 500 CFA. Il me dit Waaah toi tu as trop marché, tu es fatiguée, assieds toi, reprends tes esprits et donne-moi un prix. Palabres et ainsi de suite… Je découvre le plaisir du marchandage. Ce n’est pas une transaction, c’est un dialogue.
[La leçon du jour: J'ai un peu oublié la base. Comme dans tous les pays où la religion musulmane est majoritaire, quand on rentre dans une maison on dit { Salamaleykoum = Bonjour tout le monde } et les gens répondent { Maleykousalam = Bonjour en retour }. Toujours dans la base, pour dire "oui" on dit "waw" et pour dire "non" on dit "dédet"]