Y a pas que l’assiette !

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18 mai 2006

L’Italie dans une bouchée de pâtes


J’habite rue Scipion, rive gauche du boulevard Saint Marcel. Pourtant en rentrant à la maison, il m’arrive très souvent de préférer passer du côté droit de ce boulevard. Alors je le sens bien, vous vous demandez : « à quoi rime ce détour qui rend tes jambes flasques d’effort ? ». Un parfum, vous répondrai-je, un parfum d’Italie.

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Si vous êtes fauché et que vous n’avez plus un sous pour aller au resto, cette chronique pourra tout de même vous donner un tuyau : Passez devant Pizza Cesar sentir les plats italiens ! C’est une merveille, ça sent la tomate cuite en sauce, les poivrons posés sur les pizzas, l’huile d’olive, il parmigiano reggiano, bref une rue de Naples en plein Paris !

Voilà ce parfum volé, vous pouvez maintenant entrer dans le paradis Italien. Préférer un jour de semaine (excepté le vendredi), vous serez plus tranquille et attendrez moins pour déguster votre pizza.

À l’intérieur la déco n’est pas franchement le meilleur atout du resto, mais vous l’oublierez vite… Tous les serveurs sont garantis italiens, ou tout du moins s’efforcent-ils de le faire croire ! À coups de jurons et de jacasserie dans la langue latine, ils installent leurs clients dans une mise en scène italienne, comme de bons acteurs. On est pas dupe, mais on se laisse faire sans résistance.

Pour ce qui est de la nourriture : Il n’y a rien que vous puissiez tester avec crainte, tout est délicieux ! Évitez de tenter le parcours du combattant « entrée / plat / dessert », tous les plats sont généreusement fournis : Ca fait partie du charme de Pizza Cesar. La meilleure situation reste d’avoir vraiment faim avant d’y aller. Vous pouvez déguster de délicieuses pizzas géantes pour moins de 12 €uros. Les pâtes sont aussi fabuleuses : Le BIGouDi recommande les pâtes All’arabiata pour ceux qui tolèrent les plats épicés. En escalopes, on recommande vivement l’escalope Boncconcini que vous accompagnerez de pâtes, de frites ou d’un légume. Enfin, le BIGouDi espère que vous aurez encore faim pour un des desserts magiques du restaurant. Le Tiramisu est incontournable et délicieux. Léger, très fin, il fond dans la bouche. Vous pourrez aussi varier avec le succulent Tiramisu Alla Fragole (tiramisu aux fraises). Sinon goûtez sans crainte la Cassata Siciliana : Pour d’autres risqué, ce gâteau fourré à la crème et aux fruits confits, puis recouvert d’une couche de pâte d’amandes, est ici une douceur italienne authentique ! Au final les plats coûtant moins de 15 €uros et les desserts moins de 7, vous pouvez consommer un repas succulent et copieux pour environ 20 €uros !

Esaü a vendu son droit d’aînesse à Jacob pour un plat de lentilles, je vendrais sans hésiter le mien pour un repas chez Pizza Cesar !

Pizza Cesar
81 boulevard Saint Marcel
75013 Paris

Typologie du looser


cdroux.jpgIls sont tous là : c’est leur fête ! Dans son album Ah si j’étais grand et beau… (Foutadawa) Mr ROuX les célèbre d’une voix un peu rauque, sur des airs jazzy parfois guitare manouche, mais aussi rock. Ce sont les loosers à qui Mr ROuX vaut tous ces honneurs !

Mais attention, M. ROuX maîtrise son sujet ! En fin chercheur de socio-loosologie il semble établir une typologie du looser, on l’écoute et on note :

Il y a d’abord le looser sympathique. Celui-là semble presque issu d’une tragédie grecque : Il lutte désespérément contre son destin, pensant pouvoir y échapper. C’est le cas de petit rasta, le « rebelle de canapé », « les idées aussi belles que ses longs cheveux de rebelles »… Regard attendri, Mr ROuX pose la sentence « petit rasta deviendra grand – et tout aussi gland que ses parents ». Norredine « diplômé » a lui aussi lutté contre un destin. Un destin sociétal cette fois-ci : « avec [sa] gueule de petit beur – c’était ouvrier ou footballeur ». Norredine cède et devient videur, « à devoir laisser à l’entrée tous [ses] vieux potes de quartier ». Mr ROuX compatit et se prend à rêver : « allez mon pote, rêve avec moi – un jour la France évoluera » : Le looser n’est pas toujours celui qui paraît l’être.

En témoigne le deuxième type de looser : Celui qui s’assume tel « le bouffon de la cité ». Il se décrit lui même comme « le souffre douleur du quartier – la tappette qui se fait frapper – la tafiole, le petit pédé – mon petit nom c’est enculé », mais il constate aussi tout sourire « c’est marrant qu’ils me traitent de pédé – parce qu’à choisir sans hésiter – C’est encore avec leur sœurs – Que je préfère jouer au docteur ».

Le fils de la pute du quartier s’assume très bien lui aussi. Qu’a-t-il à envier aux autres ? Dans sa chanson Ma mère la pute, il s’en explique : « et tous mes copains – qui me traitent de fils de putain – sont jaloux c’est certain – eux qui sont des fils de boudins – car même en étant payé y’aurait pas un volontaire – capable de bander pour le cul de leur mère ». Ces loosers assumés Mr ROuX les respecte ! Non ceux qu’il ne peut pas se sentir, ce sont les loosers insoupçonnés. Notez bien : Ceux-ci sont très dangereux ! L’homme ordinaire vient illustrer à merveille cette théorie scientifique qu’égrène pour nous le professeur ROuX. L’homme ordinaire se présente ordinairement : « je vis en couple depuis 10 ans – je suis le père de 3 enfants », « j’aide les vieux à traverser », « je suis poli et bien élevé ». Mais l’homme ordinaire cache bien ses tares après avoir confessé se « garer parfois sur les places handicapés », il se dédouane en fustigeant « les vrais coupables » : « je suis pas raciste mais quand même – les étrangers profitent du système ». Mr ROuX dissèque l’homme ordinaire avant de lui fourrer dans la bouche ses maux cachés « moi j’suis qu’un homme ordinaire – Rien qu’un salaud exemplaire – mes lâchetés, mon indifférence – font de moi un bourreau en puissance ».

De l’homme ordinaire, au fils de la putain, chacun a sa part d’ombre, sa part de loose. Rire du looser, c’est peut-être en boomerang d’abord rire de soi. Et Mr ROuX ne s’épargne pas. Dans Ah si j’étais grand et beau, il regrette dans le refrain languissant : « mais je suis un mauvais coup – un coup trop rapide ou trop mou – les filles rient jusque dans mon lit ». La plus belle chanson de l’album sera peut être P’tite Pouff, Après avoir décliné toutes les tares de sa « pétasse » « au derrière tellement parfait qu’[il] ne l’imagine pas sentir mauvais », Mr ROuX conclue : « c’est finalement un problème de s’amouracher d’une pétasse – Parce que je sais qu’un beau matin – tu finiras par me larguer – pour un beau gosse un peu crétin – mais tellement plus baraqué – moi j’aurais que mes yeux pour pleurer et ma guitare pour me venger – avec un peu de mauvaise foi je ferai une chanson qui s’appellera – P’tite Pouff ».

Le Bigoudi fond un peu pour la tendresse cynique de Mr ROuX. Allez lecteur laisse-toi aller à la part de loose qui sommeille en toi !

>> Site officiel de Mr ROuX : http://www.monsieurroux.com